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Jusqu’à présent, avec la loi 06-99, notre Conseil avait un rôle purement consultatif ne lui permettant pas, malgré ses ambitions et ses actions, d’être un véritable régulateur de la Concurrence et par la même du marché.

Avec les nouvelles lois (104-12 et 20-13), notre rôle de régulation est réellement mis en évidence. Nous sommes désormais une institution indépendante constitutionnellement, ayant compétence générale en matière de lutte contre les pratiques anti-concurrentielles, un rôle décisionnaire, une possibilité d’auto-saisine et un pouvoir d’enquête et de plaidoyer.

En fait, notre mission future tournera autour de la lutte contre l’économie rentière. Large programme ! facile à dire, mais très compliqué à mettre en évidence.
Qu’on ne s’attende pas donc, à partir des nouvelles compétences du Conseil, à voir l’économie marocaine s’assainir en quelques mois de toutes les dérives anti-concurrentielles des entreprises ainsi que de certaines pratiques de non neutralité concurrentielle de l’Etat à travers les marchés publics, les aides octroyées et autres autorisations et licences d’activité. L’action dans le moyen terme est donc notre premier choix stratégique ; c’est pour cette raison que notre Conseil a mis sur pied un plan d’action décennal.

Notre deuxième choix stratégique, lié d’ailleurs au premier a trait au fait qu’il s’agit de convaincre les entreprisses que malgré le fait que nous brandissons des possibilités de sanctions, celles-ci ne concernent que les institutions ayant recours à des pratiques anti-concurrentielles et que nous travaillons en faveur de la majorité d’entre elles ; nous devons convaincre également l’Administration que nous ne sommes pas des usurpateurs de ses compétences classiques, mais des accompagnateurs utiles dans la mesure où on lui évite d’être juge et partie.

Partant de ces considérations, notre troisième choix stratégique concerne les domaines prioritaires de l’action du Conseil durant la prochaine décennie. Comme nous le savons, l’économie marocaine repose sur deux béquilles déterminantes ; nous avons d’abord les secteurs oligopolistiques qui réalisent l’essentiel de la valeur ajoutée nationale et qui peuvent couvrir des pratiques anti-concurrentielles ; nous avons d’autre part les PME qui englobent en leur sein de larges pans d’informel ; celui-ci étant lui-même de double nature ; l’informel de subsistance contre lequel nous ne pouvons rien faire dans le court, voire même le moyen terme, et l’informel de dissimulation de pratiques anti-concurrentielles contre lequel il faudra intervenir. Ce sont ces deux domaines qui constitueront notre centre d’intérêt pour les dix prochaines années. Evidemment, nous n’oublierons pas l’Administration qui peut recourir également à des pratiques anti-concurrentielles. Précisons qu’autant nous agissons par la sensibilisation en direction de tous les intéressés, autant nous recourons à la sanction concernant l’entreprise et le plaidoyer interpellant vis-à-vis de l’Administration.

Notre quatrième et dernier choix stratégique pour la prochaine décennie concerne les alliés objectifs qu’on essaiera de mobiliser pour nous accompagner ; il s’agit essentiellement des médias et de l’Université.

Tels sont les choix stratégiques que nous mettons en évidence pour notre action future. La tâche n’est pas aisée en raison des réactions d’intérêt qui peuvent être violentes, mais notre projet consiste à agir en douceur, mais sûrement.

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